Propos

Ecrire pour ne rien dire...Si ce n'est qu'avant d'entreprendre une tache ardue, j'ai besoin de découvrir et tester ce nouvel environnement qu'est ce blog. Créer une nouvelle page, la belle affaire.
Je ne me souviens même plus de ma première page de lecture ou d'écriture, et je m'en balance comme de ma première chemise dont j'ai oublié la matière et la couleur. Alors que ma première page devait être blanche et l'encre plus violette que noire. En tout cas mes doigts s'en souviennent, souvent tachés plus que de raison. Question d'époque!
Cette petite entrée en matière ne me satisfait guère mais je m'en accommode car c'est la solution la plus facile.
Je teste le produit.
Ainsi il me vient à l'esprit, autant que faire se peut, que l'intégration d'une image serait peut-être bienvenue. D'autant plus que, selon certains, une image en dit plus qu'un long discours. La difficulté est dans le choix du discours et de l'image qui le véhicule.



Celle ci me paraît pertinente car elle en dit beaucoup sur ma personne. Il s'agit de l'écorce d'un arbre que j'ai fréquenté des années durant. Celles de mon enfance et de mon adolescence. Nous nous sommes perdus de vue en 1953 et avons vécu, lui là-bas, moi ici. J'ai pas mal voyagé. J'ai rencontré d'autres arbres dont certains m'ont étonné par leurs ports, leurs tailles, leurs écorces. Mais dans mon esprit, celui là était immense! Enorme!
J'y avais gravé mes initiales sur sa peau d'Eucalyptus comme si je signais un pacte...Et cinquante ans ont passé avant que nous nous retrouvions. Il vivait encore, à Marrakech, toujours au même endroit, à la même distance de la porte de la maison, au bord de la route. Au même endroit figuraient d'autres signatures et je me plais à imaginer que l'écorce présente est la pudique couverture qu'il a générée pour me protéger du Temps. Mais il est trés agé maintenant, et je m'aperçois qu'il a perdu de sa splendeur. Sa taille s'est amenuisée. Son tronc n'est pas aussi énorme que dans mon souvenir. Son feuillage s'est clairsemé. Mais peu importe. Il est toujours mon arbre et je sais qu'auprés de lui, la vie ne m'a pas permis de rester.